On l'a vu au début de cet exposé, la nicotine a des effets métaboliques prouvés, qui entraînent une diminution de la masse grasse lors du début du tabagisme. Le fumeur est donc globalement en sous-poids; il est donc assez logique que lors de l'arrêt du tabac, il reconstitue des réserves de masse grasse, ce qui devrait entraîner une prise de 2 à 5 kg selon les individus.
Mais ce phénomène est aggravé par le fait que chaque cigarette fumée entraîne une dépense énergétique supplémentaire : chaque cigarette fumée entraîne une augmentation des dépenses énergétiques de 6% pendant les 2 heures suivant sa consommation.
On considère qu'en moyenne 30 cigarettes fumées augmentent la dépense énergétique d'environ 300 kcal, ce qui n'est pas rien.
Lors de l'arrêt du tabac, cette dépense énergétique n'existe plus, sans qu'il y est immédiatement réduction des apports énergétiques en conséquence. Ainsi, l'ancien fumeur continuera de manger comme avant, et se retrouvera avec un apport énergétique trop important, ce qui conduira à conforter la prise de poids.
Globalement, on estime qu'au bout de 6 mois à un an, les prises alimentaires se sont ajustées, et que l'ex-fumeur ne prend plus de poids.
On constate également une attirance particulière pour les produits sucrés lors de l'arrêt du tabac. Cette attirance s'explique par deux réactions physiologiques :
Or, la surconsommation de produits sucrés entraîne une augmentation de la sécrétion d'insuline, favorisant la synthèse des triglycérides, et leur stockage dans les adipocytes, d'où augmentation de la masse grasse de l'individu et... prise de poids!
Source : Pr Jeanine Louis Sylvestre, "Comportement alimentaire et tabac"
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