Pour évoluer dans son comportement alimentaire, l’enfant a besoin d’être confronté à d’autres mangeurs. Le temps du repas est un moment privilégié pour cela : réunis autour d'une table, adultes et enfants partagent la nourriture mais également discussions, idées, émotions...
Le repas est un rituel transmis culturellement et socialement.
La structure de l'alimentation et des repas est organisée bien plus selon les normes sociales et culturelles que selon les normes sanitaires (c’est à dire les recommandations nutritionnelles). Ces normes sociales et culturelles sont transmises par la famille (parents, grands-parents), mais aussi par d’autres acteurs (crèche, restauration scolaire, camarades…).
La restauration collective permet par exemple à l'enfant de découvrir que ses camarades ne mangent pas forcément les mêmes aliments que lui : ces repas entre pairs sont l’occasion de nouveaux apprentissages, et de nouvelles consommations alimentaires : ainsi, il est fréquent qu’un enfant consomme à la cantine un aliment qu’il refuse de manger à la maison, ce qui a en général comme conséquence de rendre ses parents plutôt dépités et interrogateurs… Il n’y a pas de quoi : les parents restent le modèle de l’enfant en ce qui concerne son alimentation, et plus les parents auront une alimentation variée et équilibrée, plus l’enfant s’en imprégnera, même s’il ne mange pas de tout, tout de suite : par imitation, par habitude, petit à petit, ses consommations évolueront.
Pourtant, parfois, le repas est source de tensions : l’enfant refuse de manger certains aliments, ce qui inquiète, voire met en colère quand l’attitude de l’enfant est systématique. C’est sûrement parce que l’enfant perçoit l’importance qu’accordent ses parents à ce qu’il mange, qu’inconsciemment il « en profite » et se sert de ce moment pour attirer l’attention des adultes, en s’opposant parfois. La solution est simple (mais difficile à mettre en œuvre !!) : il est préférable de ne pas prêter trop d’attention à ces attitudes. Ainsi, on peut recommander aux parents (et aux autres adultes !), de ne pas insister, sans pour autant remplacer les aliments non consommés, et encore moins les compenser par autre chose. Il importe surtout que l’enfant ne ressente pas que son attitude touche ses parents : ce n’est ni grave quand il ne mange pas, ni bien quand il mange ! D’ailleurs, dans la grande majorité des cas, l’enfant ne risque rien, il n’y a donc pas d’inquiétude particulière à avoir quant à sa santé.
Sur le plan culturel, l'alimentation répond aussi à de nombreuses normes : les aliments considérés comme comestibles (donc consommés) ne sont pas les mêmes partout :
Nos façons de manger répondent également à des impératifs culturels : manger avec des couverts, des baguettes ou avec les doigts sont des signes d’ appartenance à un groupe, à une société...
Ces modes de consommation peuvent être protecteurs : selon l’OCHA, le fait de faire des repas est encore bien présent dans nos modes de vie en France, avec des repas à horaire relativement régulier, partagés entre plusieurs personnes. Aux Etats-Unis il n’y a plus vraiment de repas, les consommations alimentaires se font n’importe comment, n'importe quand, et conduisent à la consommation d’aliments bien particuliers. Cette déstructuration alimentaire, associée aux grignotages, aurait un lien avec le niveau d’obésité dans ce pays.
Notre façon de manger nous protégerait-elle en partie de cette évolution ?
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